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Cancer du sein chez l’homme : quels facteurs de risque ?

Le cancer du sein (KS) est rare chez l’homme et ses caractéristiques épidémiologiques sont moins bien précisées que pour la femme.

Le cancer du sein chez l' homme survient le plus souvent à un âge avancé, est plus fréquent chez les sujets noirs et parmi les facteurs favorisants, on a mis en cause les radiations ionisantes, le travail dans les hydrocarbures et l’environnement hormonal (obésité, sédentarité, alcoolisme).

Une évaluation prospective par questionnaire menée sur une population de 324 920 hommes d’un registre de retraités américains suivis annuellement permet d’en savoir un peu plus. Cent vingt et un d’entre eux ont développé un KS entre 1996 et 2003.

L’analyse multivariée montre une élévation du risque (x 1,92) de survenue en cas de KS familial au 1er degré et même de 2,25 si une sœur était atteinte, voire de 9 si mère et sœur étaient touchées, alors même que les mutations géniques (notamment BRCA2) sont différentes. L’existence d’un syndrome de Klinefelter, augmentant le rapport œstrogènes/androgènes (O/A), multiplie par 50 le risque de KS. La survenue de fractures après 45 ans est associée à un doublement du risque de KS chez l’homme, et ceci peut s’expliquer par l’élévation du rapport O/A, qui diminue la densité osseuse, après cet âge.

De même l’obésité accroît le risque qui est presque doublé chez les sujets dont l’indice de masse corporelle (IMC) dépasse 30 kg/m² par rapport à ceux dont l’IMC est < 25 kg/m², très probablement par le biais d’une plus grande biodisponibilité des œstrogènes.

La sédentarité, même après ajustement en fonction de l’IMC, reste un facteur favorisant (le lever de poids ou l’ascension d’escaliers tous les jours réduisent le risque de moitié).

En revanche, et contrairement à d’autres, les auteurs n’ont pas mis en évidence de corrélation franche entre la consommation d’alcool, ni même de tabac avec l’exposition au risque de KS chez l’homme. Ils sont cependant conscients que leur étude pèche un peu par une limitation des items, sauf pour l’obésité et la sédentarité, du fait que leurs résultats sont basés sur les réponses des sujets, lesquelles manquent peut-être d’objectivité, et que certains facteurs réputés favorisants (puberté tardive, infertilité) n’ont pas été explorés. Mais les éclairages apportés sur la sédentarité, l’obésité et les fractures après 45 ans offrent de nouvelles perspectives sur le rapport entre les androgènes et les œstrogènes circulants dans la carcinogenèse.

Dr Jean-Fred Warlin

Brinton LA et coll. : Prospective evaluation of risk factors for male breast cancer. J Natl Cancer Inst., 2008; 100(20): 1477-81.
JIM.fr (Journal International de Médecine)