Vieillissement des cellules normales et immortalité des cellules cancéreuses.Le prix Nobel de médecine 2009 récompense la découverte d’un mécanisme impliqué dans le vieillissement des cellules normales et l’immortalité des cellules cancéreuses.Elizabeth Blackburn, Carol Greider et Jack Szostak ont reçu le prix Nobel de médecine 2009. Ce prix récompense les trois chercheurs américains pour leurs travaux qui ont montré « comment les chromosomes protègent leurs extrémités ». Réalisée au début des années 80, cette découverte a ouvert de nombreuses perspectives de recherche, notamment en matière de lutte contre le cancer.
Les extrémités des chromosomes s’appellent « les télomères ». A chaque fois qu’une cellule se dédouble, ses télomères raccourcissent un peu. Au bout d’un certain nombre de divisions, lorsque les télomères sont devenus trop courts, la cellule entre en « sénescence » et meurt.
Les recherches d’Elizabeth Blackburn, Carol Greider et Jack Szostak ont permis d’en apprendre plus sur la biologie des télomères. Elles ont en particulier conduit à la découverte d’une enzyme qui retarde le vieillissement des cellules en allongeant leurs télomères à chaque division, de manière à contrecarrer « l’érosion » naturelle des chromosomes. Cette enzyme, nommée « télomérase », est présente dans les cellules souches embryonnaires et adultes, des cellules qui doivent se multiplier un grand nombre de fois. Elle est aussi produite par certaines cellules cancéreuses : en leur permettant de se diviser à l’infini sans jamais entrer en sénescence, la télomérase rend les cellules tumorales quasi immortelles.
Cette découverte a conduit de nombreuses équipes de scientifiques à rechercher des moyens de stimuler ou, au contraire, de bloquer la télomérase. Dans le premier cas, les chercheurs visent à retarder le vieillissement des cellules saines, dans le second ils tentent d’induire la mort des cellules cancéreuses.
ARC